Comment on suit les sources dans le temps
Version de méthode 1.0. Cadence par défaut 90 jours ; une disparition est confirmée après 3 vérifications infructueuses consécutives.
Principe cardinal
On ne note jamais une source sur ce qu'elle dit, mais sur ce qu'elle fait de ce qu'elle a dit dans le temps. Changer n'est pas une faute — corriger est vertueux. Ce qui est mesuré et pénalisé, c'est l'opacité du changement (édition furtive vs correction mentionnée) et la disparition sans trace (suppression vs conservation). Toute qualification s'appuie sur une preuve d'archive horodatée et hashée, jamais sur une allégation.
Cycle de vie d'un document
Une vérité originale datée (la première capture) puis des versions auxiliaires à chaque recapture. Le document est recapturé tous les 90 jours par défaut ; l'intervalle s'allonge tant que le contenu est stable et se raccourcit après un changement (surveillance rapprochée).
Détection d'un changement
Fil-de-fer gratuit : une empreinte (SHA-256) du texte principal normalisé — débruité des pubs, compteurs et espaces. Empreinte inchangée → stable, sans le moindre appel à un modèle. Empreinte modifiée → changement. La qualification fine de la nature (correction transparente, édition furtive, révision de fond) fait appel à un modèle de langage uniquement sur un changement substantiel et relève d'un lot ultérieur.
Retrait d'une affirmation suivie
Si une révision fait disparaître le verbatim d'une affirmation qu'on suivait, deux crans, selon l'état de la preuve :
- retrait_affirmation_suivie — l'affirmation n'a pas été établie fausse : c'est signalé mais non-scorant (personne n'a prouvé que c'était faux).
- retrait_apres_falsification — l'affirmation avait été établie fausse : Conservation pénalisée (évasion d'un mensonge prouvé).
Un retrait silencieux reste par ailleurs capté comme édition furtive (Transparence).
Disponibilité et disparition
À chaque recapture, le statut HTTP classe l'accès : disponible, 404/410, redirection, mur/soft-404, ou erreur temporaire. Une disparition n'est confirmée qu'après 3 échecs consécutifs (une erreur réseau passagère ne compte pas). En cas de suppression, la dernière capture locale reste la preuve : elle survit à l'effacement de l'article.
Le registre d'intégrité
Toutes les captures entrent dans un registre append-only : chaque nouvelle capture inclut le hash de la précédente, donc chaque capture scelle tout le passé. Altérer une version ancienne casse la chaîne, et la vérification publique localise précisément la rupture — n'importe qui peut la refaire hors-ligne.
Pour rendre l'historique opposable de l'extérieur, un ancrage périodique épingle la tête du registre à deux témoins : un commit signé sur GitHub (témoin de confiance, public) et OpenTimestamps (ancre Bitcoin sans confiance, vérifiable seule et pour toujours). Le premier est simple et lisible ; le second ne demande de faire confiance à personne.
La note de fiabilité par source
Trois sous-métriques orthogonales, jamais fondues en un seul chiffre :
- Stabilité — le contenu persiste-t-il (ou n'évolue-t-il que par mises à jour datées) ?
- Transparence — quand la source change, le dit-elle (correction mentionnée) ou non (édition furtive) ?
- Conservation — la source conserve-t-elle ses documents, ou les supprime-t-elle ?
Une note n'est publiée qu'au-delà d'un volume minimal de documents et de recaptures ; en-dessous, « données insuffisantes ». (Le calcul complet de cette note relève d'un lot ultérieur.)
La preuve
Chaque capture conserve une image (WebP), le HTML brut et un SHA-256, horodatés et stockés localement. Un témoin tiers Wayback peut renforcer une disparition confirmée.
Limites assumées
- La persistance se mesure à partir de la première capture : on ne reconstitue pas un passé non archivé.
- L'empreinte détecte le changement ; elle ne juge pas le sens (c'est le rôle d'un modèle, sur le fond, et seulement en cas de changement substantiel).
- Le témoin GitHub est un tiers de confiance ; seule l'ancre OpenTimestamps est sans confiance.
- Une note de source sous le volume minimal n'est pas publiée.